CyberNews — Septembre 2026
Chaque mois, CyberVantage décrypte pour vous l’actualité de la cybersécurité qui compte vraiment pour les PME. Pas de jargon technique, pas de fausse alerte : juste ce qu’il faut savoir pour rester protégé, avec des conseils concrets à appliquer dès aujourd’hui.
Les rançongiciels ne visent plus la direction, mais le responsable informatique
Une étude récente du spécialiste en cybersécurité Zscaler, portant sur plus de 350 victimes d’une même campagne de rançongiciel, révèle un changement de tactique frappant : les cybercriminels ne cherchent plus en priorité à joindre le patron ou la direction générale pour faire pression après une attaque. Ils ciblent directement le responsable informatique de l’entreprise, généralement une personne dans la quarantaine occupant ce poste depuis plusieurs années.
Pourquoi ce choix ? Cette personne connaît l’ampleur réelle des dégâts, ressent souvent une responsabilité personnelle face à l’incident, et dispose d’assez d’autorité pour influencer la décision de payer ou non la rançon. Les attaquants misent sur cette pression psychologique individuelle plutôt que sur une négociation formelle avec la direction.
Ce qu’il faut retenir : Si votre entreprise subit un jour une cyberattaque, la pression ne viendra pas forcément « d’en haut » — elle peut s’exercer directement sur la personne en charge de l’informatique, qui doit savoir qu’elle n’a pas à porter seule cette décision. C’est exactement l’objet du module « Réponse aux incidents » de notre formation : définir à l’avance qui décide de quoi, pour ne jamais improviser sous pression le jour J.
Source : Ransomware gangs skip the CEO, head straight for the 40-something IT manager — The Register
Le phishing par SMS boosté par l’IA trompe même les experts
Une étude a mis des employés de banque face à une série de faux SMS de phishing personnalisés, rédigés à l’aide de l’intelligence artificielle, et leur a demandé de les classer du plus au moins suspect. Résultat : même des professionnels aguerris ont eu du mal à repérer les messages les plus sophistiqués, générés spécifiquement pour ressembler à une communication légitime et personnelle.
Ce qui rend ces messages si efficaces, c’est que l’IA permet désormais de produire, en quelques secondes et à très faible coût, des textes convaincants et adaptés à chaque destinataire — utilisant par exemple son prénom, son employeur, ou un contexte professionnel plausible. Fini le SMS bourré de fautes d’orthographe facile à repérer.
Ce qu’il faut retenir : Le « ça sent l’arnaque » ne suffit plus. La vigilance ne doit plus reposer uniquement sur l’instinct, mais sur des réflexes systématiques : ne jamais cliquer sur un lien reçu par SMS sans vérifier l’expéditeur par un autre canal, et rappeler l’entreprise ou la personne concernée via un numéro connu plutôt que celui indiqué dans le message. C’est précisément ce que nous enseignons dans le module « Phishing » de notre formation.
Source : Gut feeling does nothing against AI spear phishing texts — Help Net Security
Des faux outils d’intelligence artificielle utilisés pour diffuser des logiciels malveillants
Des cybercriminels exploitent la popularité des outils d’IA comme ChatGPT, Claude, Perplexity ou Copilot pour piéger les utilisateurs. La méthode : créer de fausses pages web ou de faux installateurs qui imitent parfaitement ces marques connues, puis les diffuser via des publicités ou des résultats de recherche. Une fois téléchargé, le faux logiciel installe en réalité un programme malveillant capable de voler des mots de passe, d’installer une porte dérobée, ou d’ajouter une extension de navigateur piégée.
Cette tendance illustre un principe simple : plus un outil ou une marque est populaire, plus elle devient une cible de choix pour l’imitation frauduleuse.
Ce qu’il faut retenir : Ne téléchargez jamais un outil d’IA (ou tout autre logiciel) depuis un lien publicitaire ou un résultat de recherche sponsorisé. Passez systématiquement par le site officiel de l’éditeur, en tapant vous-même l’adresse dans votre navigateur. C’est un réflexe essentiel de notre module « Navigation sûre », d’autant plus important à l’heure où l’usage professionnel des outils d’IA se généralise dans les PME.
Source : Attackers impersonate popular AI brands to spread malware — Help Net Security
« ClickFix » : le faux test « je ne suis pas un robot » qui installe un logiciel malveillant
Une technique d’arnaque appelée « ClickFix » continue de se répandre et se perfectionne. Le principe : une page web piégée affiche une fausse vérification de sécurité imitant les célèbres cases « je ne suis pas un robot ». Sauf qu’au lieu de simplement cocher une case, la page demande à la victime de copier-coller et exécuter une commande dans une fenêtre technique de son ordinateur (le « Terminal » sur Mac, ou « PowerShell » sur Windows). Cette commande, en apparence anodine, installe en réalité un logiciel malveillant qui donne le contrôle de l’appareil à l’attaquant.
La technique fonctionne si bien parce qu’elle exploite la confiance naturelle envers les vérifications de sécurité que nous rencontrons tous les jours en ligne — et parce qu’elle demande à l’utilisateur d’agir lui-même, contournant ainsi de nombreuses protections automatiques.
Ce qu’il faut retenir : Aucun site web légitime ne vous demandera jamais de copier une commande dans le Terminal ou PowerShell de votre ordinateur pour « prouver que vous n’êtes pas un robot ». Si une page vous demande cela, fermez-la immédiatement, sans exécuter quoi que ce soit. Ce réflexe s’inscrit directement dans notre module « Malware et rançongiciels ».
Source : TerminalFix Uses Fake Cloudflare CAPTCHAs to Deploy Reverse-Tunnel Backdoor — The Hacker News
Les rançongiciels continuent de frapper massivement, y compris les PME
Selon un avis conjoint du FBI et de l’agence américaine de cybersécurité CISA, le groupe de cybercriminels à l’origine du rançongiciel « Medusa » a compromis plus de 500 organisations depuis 2021, dont de nombreuses infrastructures dites « critiques » — mais aussi une grande variété d’entreprises de toutes tailles. Le mode opératoire type : exploiter une faille non corrigée ou des identifiants volés pour s’introduire dans le réseau, puis chiffrer les données et exiger une rançon, souvent en menaçant en plus de publier les informations volées si l’entreprise ne paie pas.
Ce type d’attaque reste l’une des menaces les plus coûteuses et les plus destructrices pour une entreprise, avec des arrêts d’activité pouvant durer plusieurs jours, voire semaines.
Ce qu’il faut retenir : La meilleure protection contre un rançongiciel reste une sauvegarde régulière de vos données, stockée hors ligne ou déconnectée du réseau principal, et testée régulièrement pour vérifier qu’elle fonctionne réellement. Combinez cela à un plan clair de réponse aux incidents : qui appeler, dans quel ordre, et surtout ne jamais payer sans avoir consulté un expert. C’est le cœur de notre module « Réponse aux incidents ».
Source : CISA: Medusa ransomware hit over 500 critical infrastructure orgs — Bleeping Computer
Les tentatives de piratage de mots de passe explosent, profitant des failles dans l’authentification à deux facteurs
Une entreprise spécialisée en cybersécurité, Huntress, a mesuré une multiplication par 155 des attaques dites de « password spraying » au premier semestre 2026. Cette technique consiste, pour un attaquant, à essayer un même mot de passe courant (comme « Printemps2026! ») sur un très grand nombre de comptes différents, plutôt que de multiplier les tentatives sur un seul compte — ce qui permet de contourner les systèmes qui bloquent un compte après plusieurs échecs. Une campagne observée a généré plus de 81 millions de tentatives de connexion en deux semaines, en exploitant notamment des méthodes de connexion plus anciennes qui ne sont pas toujours protégées par l’authentification à deux facteurs (2FA).
Ce qu’il faut retenir : Deux réflexes essentiels pour votre PME : activez l’authentification à deux facteurs (2FA) sur absolument tous les comptes professionnels qui le permettent, sans exception — messagerie, VPN, outils cloud — et évitez les mots de passe « faciles » même complexes en apparence (dates, saisons, nom de l’entreprise). Utilisez plutôt un gestionnaire de mots de passe pour générer des mots de passe uniques et robustes. C’est la base de notre module « Mots de passe ».
Source : Password spraying attacks surge 155x as hackers exploit MFA gaps — Bleeping Computer
WhatsApp renforce la sécurité des comptes avec les clés d’accès (« passkeys »)
Bonne nouvelle côté défense : WhatsApp a annoncé fin août que plus d’un milliard de personnes utilisent désormais les « passkeys » (clés d’accès) pour se reconnecter à l’application, une méthode plus sûre que le mot de passe traditionnel car elle repose sur la reconnaissance biométrique ou le code de déverrouillage de votre téléphone plutôt que sur un mot de passe qui peut être volé ou deviné. L’application a également introduit une vérification en deux étapes renforcée et davantage de contexte affiché lors d’appels provenant de numéros inconnus, pour aider à repérer les tentatives d’arnaque téléphonique.
Ce qu’il faut retenir : Si vous ou votre équipe utilisez WhatsApp à des fins professionnelles (ce qui est très courant en Suisse pour les échanges avec clients et fournisseurs), activez ces nouvelles protections dès maintenant dans les paramètres de sécurité de l’application. Les « passkeys » représentent l’avenir de l’authentification et remplaceront progressivement les mots de passe classiques — un sujet que nous abordons dans notre module « Mots de passe ».
Source : Protect your WhatsApp account with new passkey and 2FA upgrades — Malwarebytes Labs
En résumé ce mois-ci
Le fil conducteur d’août est clair : les attaquants misent de plus en plus sur la manipulation humaine plutôt que sur la seule prouesse technique. Qu’il s’agisse de faire pression psychologiquement sur un responsable informatique isolé, de générer des SMS de phishing sur mesure grâce à l’IA, ou de piéger un utilisateur en lui faisant exécuter lui-même une commande malveillante via une fausse vérification « je ne suis pas un robot », le point commun reste le même : c’est la vigilance humaine, formée et entraînée, qui fait la différence. En parallèle, les bases restent plus indispensables que jamais — sauvegardes fiables, authentification à deux facteurs partout, et un plan de réponse aux incidents clair. Ce sont précisément ces réflexes que nous transmettons dans notre formation, module après module.
Vous souhaitez évaluer le niveau de préparation de votre équipe face à ces menaces, ou organiser une session de sensibilisation pour vos collaborateurs ? Contactez-nous pour en discuter.
CyberNews est une publication mensuelle de CyberVantage, réalisée à partir d’une veille quotidienne de sources spécialisées en cybersécurité. Les faits rapportés sont vérifiés et sourcés individuellement.